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En attendant....le jour d’après.... /1

Durant les quelques semaines (?) qui nous séparent du « jour d’après », la galerie Stephan propose de vous raconter des histoires courtes sur la peinture bretonne.

Naissance d’une passion pour la Bretagne.

En plein romantisme, au début du xixe, quelques peintres seulement partent à la découverte de la Bretagne, pays exotique. Dés les années 1860, la péninsule bretonne devient fortement à la mode, suscite un engouement extraordinaire et ils seront des centaines !! du jamais vu pour une province éloignée de Paris....On va parler alors, de véritable celtomanie !
Les conditions de voyage participent largement au romantisme et à l’exotisme... Il faut savoir, qu’à cette époque, il est presque plus facile de se rendre à Rome que dans une province éloignée de Paris !

Pourquoi ces peintres arrivent sur nos côtes ?

Au début du xixe,
la Bretagne est connue par la littérature de l’époque : René de Chateaubriand (René 1802- Les martyrs 1809), Honoré de Balzac ( le dernier des chouans 1808), Auguste Brizeux ( Marie)....En 1847, Gustave Flaubert et Maxime du Camp, partent à l’ouest pour un périple à pied de plusieurs semaines....La publication de leur ouvrage : « Nous allons à l’aventure par les champs et par les grèves » apportera une vision plus approfondie et peut être aussi plus douce de la Bretagne.Parallèllement, de nombreuses lithographies sont éditées pour « la Bretagne pittoresque » ou » La Bretagne Contemporaine. » Notre galerie a présenté de nombreux dessins originaux de Felix Benoist ( 1818-1896) qui a sillonné la Bretagne, carnets de croquis en mains....Des lithographies sont alors tirées de ses dessins pour illustrer le tome 4 de La Bretagne contemporaine éditée en 1865.
Les écrivains donnent une vision romantique de la Bretagne et n’échappent pas au côté dramatique qu’ils se plaisent à exacerber... Rochers hostiles, tempêtes, pilleurs d’épaves, promontoires dangereux, peuple primitif, terre de légendes....Ce Finis Terrae débride l’imagination et exalte les sensibilités !
Ce romantisme va longtemps perdurer dans les représentations picturales de nos côtes.. ..
A partir de 1860,
d’autres éléments vont accélérer et démultiplier cet engouement pour une région qui jusqu’à là paraissait si lointaine et si étrange.
- Le chemin de fer qui dessert la Bretagne à partir de cette date est certainement un des facteurs les plus importants.....une journée de train, en comparaison avec un voyage inconfortable de 3 jours en malle poste depuis Paris....cela redistribue les cartes !
Il existait malgré tout, depuis 1839,une ligne maritime qui reliait le Havre/ Morlaix en 20heures.
Si quelques peintres l’ont utilisée, et je pense notamment à Eugène Boudin....elle ne fera pas le poids avec l’arrivée de ce chemin de fer qui désenclave définitivement la Bretagne.
Les moyens de transports apparaissent donc comme déterminants, mais ils ne font pas tout !
D’autres éléments encouragent les peintres à se déplacer :
- Les impressionnistes soucieux de capter les instants fugitifs de la lumière ont encouragé les peintres à sortir des ateliers...la mode du pleinairisme bat son plein !
- Les peintres de Barbizon, se lassent peu à peu des sous bois et des rochers de la forêt de fontainebleau...On a soif d horizons nouveaux, de palettes claires, d’espaces et de paysages inédits... 
-l’ invention de la peinture en tubes, la fabrication de chevalets plus légers, pliables et transportables, ajoutent au désir de chaque artiste de voyager.

Toutes les conditions sont posées pour une arrivée massive des peintres :

Une multitude de peintres va découvrir la péninsule armoricaine ! choisissant, dans un premier temps, le bord de mer pour la plupart...mais s’égrènant peu à peu dans des villages, ( de Pont Aven à La Clarté-Ploumanach ), sur le bord de riviéres ( de la Laïta au Trieux), dans les ports les plus annimés (Concarneau) aux ports les plus paisibles ( Ste. Marine).
Toutes les conditions énnoncées ci dessus vont faire de la Bretagne dés la 2e partie du xixe siecle une terre chérie des peintres. Vont s’ajouter très rapidemment d’autres critères qui vont inciter nos artistes, après un premier séjour, à revenir maintes fois en Bretagne, parfois tous les étés d’une vie, quelques fois restant durant la saison d’hiver et quelques fois encore y construisant des maisons en purs bretons d’adoption qu’ils sont devenus. Ces critères sont les mêmes, quels que soient les lieux de résidence de nos artistes dans la péninsule :
-Bretagne peu touchée par l’industrialisation.
-lumières subtiles et changeantes
-Population bienveillante.
- Vie peu chère.
-Auberges accueillantes.
La celtomania est enclanchée.

A suivre...... « Des auberges et des peintres, en Bretagne ».

Galerie Stephan ~ 66 rue du Maréchal Joffre ~ 22700 Perros-Guirec ~ tel : 02 96 23 38 63 ~ couriel : galeriestephan@gmail.com